les toiles blanches

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Les matières 

Rangé dans une armoire ou un coffre, le linge de maison se présentait autrefois sous la forme d’un trousseau. Dote d’une jeune fille pour ses noces, il était chiffré de ses initiales et parfois celles de son futur époux et comprenait tout ce qu’il faut pour équiper son foyer. De l’unique pièce de drap des jeunes filles aux origines modestes aux douzaines de chemises de nuit, draps, nappes, serviettes et torchons requis par le magasin parisien le Bon Marché à la fin du XIXème siècle, le linge de maison faisait partie du patrimoine d’une famille.

 

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Le lin

La toile de lin est la plus vieille étoffe fabriquée par l’homme, c’est aussi la plus résistante. A partir du XVème siècle le lin sert à confectionner les draps, les chemises et le linge d’office. Relativement rigide et de couleur bis, le lin s’assouplit et blanchit au fil des lavages. Son tissage varie selon les utilisations. De qualité fine, souple, forte ou extra forte, le lin est vendu blanc, écru ou crémé, c’est à dire non blanchi. Pour le blanchir, on étend les toiles sur pré et on laisse la rosée et la lune blanchir naturellement le tissu.

Les draps en lin sont les « draps de maitres », réservés aux gens riches. Les draps en lin épais sont utilisés en hiver. Plus l’étoffe est fine, plus le drap a de valeur. Au XVIIème siècle avec la mode de recevoir dans son lit, certains draps, dits « d’apparat » se parent d’innombrables broderies, jours et volants sur les rabats du drap qui peuvent couvrir les deux tiers du lit. Le luxe suprême d’un drap, après sa finesse, est d’être réalisé d’une seule pièce, sans couture au milieu.

Le linge de table, nappes et serviettes, est en lin damassé. Le linge d’office, lui, est sobrement chiffré en rouge sombre au point de croix dans un angle et parfois numéroté par douzaine.Pour confectionner les torchons, le lin est vendu au mètre, tissé sur des métiers de 60 à  65 cm de large qui sortent une toile crémée quasiment prête à l’emploi que l’on a plus qu’à ourler à la main sur deux cotés. Du plus fin au plus épais, chaque famille de torchon a son utilité : essuie-mains, torchon pour essuyer les verres, le cristal, la vaisselle, les meubles, torchons pour lessiver les sols, le parquet.

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Le coton

L’usage du coton apparaît  à la fin du XIXème siècle et concerne le linge de table et les serviettes de bain. La nappe est essentiellement blanche et damassée, c’est à dire tissée de façon à faire apparaître des dessins par contraste de mat et de satiné. Elle est chiffrée et se part aussi de dentelles et de broderies. Assorties aux nappes, les serviettes de table sont chiffrées au centre au point de bourdon et doivent être suffisamment grandes pour couvrir les genoux. Elles sont au nombre de 12, parfois de 24 ou même de 36 pour permettre d’en changer au cours d’un même repas.

Après avoir été en lin et en chanvre, les serviettes de toilette en coton apparaissent lorsque le bain se démocratise. Elles sont souvent en nid d’abeille, un coton gaufré dont le tissage rappelle les alvéoles des essaims d’abeilles. Elles sont parfois soulignées de liteaux rouges ou bleus, sont chiffrés au point de bourdon, les plus anciennes sont bordées de franges. 

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Le chanvre

Le chanvre est une des premières plantes cultivées par l’homme. La toile issue du tissage des fibres de la tige est très résistante et possède un relief caractéristique. Dès le XVème siècle, les draps en chanvre sont utilisés dans les campagnes et par les gens modestes. Leur couture au milieu témoigne d’un tissage très ancien sur des métiers qui n’excèdent pas un mètre de large. Ces draps sont parfois signés au point de croix sur la partie gauche du drap du nom de la jeune fille, et sur la partie droite, du nom de son futur époux. Les torchons en chanvre possèdent parfois des liteaux rouge, mais sont plus souvent unis.
Ils sont très épais et résistent parfaitement aux multiples usages domestiques réservés à l’office.




L’entretien

Le lin, le chanvre et le coton ne craignent ni l’eau très chaude, ni le fer chaud, au contraire, c’est ce qui leur rend leur beauté initiale.Le savon de Marseille, en paillettes ou liquide, constitue une excellente lessive qui respecte la peau des enfants et l’environnement. Eviter de laisser une tâche sécher avant de procéder au lavage. Plutôt que de l’enlever à l’eau chaude, ce qui « cuirait » la tâche, frottez la à la main à l’eau froide et au savon de Marseille, avant de laver le produit à la machine, à 40°. Il convient de repasser les produits encore humides après un séchage à l’air, en évitant une trop longue exposition au soleil, la toile pourrait jaunir. Comme nos grands-mères, vous pouvez aussi repasser à l’aide une pattemouille, un carré de coton humidifié entre le linge et le fer, aucun faux pli n’y résiste.

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Le métis

Les draps en métis, souvent dotés de jours échelle, deviennent courant à la fin du XIXe siècle. Ils sont également chiffrés comme les draps en lin et brodés de motifs. Pour mériter l’appellation « métis, », la toile doit comporter au minimum 45% de lin, le reste est en coton. Un torchon en métis est en fait un torchon en lin à 95 % , les 5% de coton restant étant les liteaux en fil rouge.  
















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